Éducation

Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 22:39

decrochage-scolaireL'illettrisme désigne l'état d'une personne qui a bénéficié d'apprentissages, mais qui n'a pas acquis, ou a perdu, la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'illettrisme est donc à distinguer de l'analphabétisme qui résulte d'une absence d'apprentissage.

L'illettrisme relève de l'accès au sens des écrits. Le texte que l'illettré ne comprend pas est accessible lorsque le texte est lu.

Causes et conséquences

La ruralité, la pauvreté et le manque de développement du système éducatif d'un pays sont parmi les principaux facteurs d'illettrisme dans sa population. Ainsi, les pays du tiers-monde dans le monde arabe, l'Amérique centrale et l'Afrique sub-saharienne ont le taux d'illettrisme le plus élevé, tandis qu'en Europe, aux États-Unis et au Japon, ce taux est le plus faible.

 

Illettrisme. (2012, mars 19). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 07:55, avril 1, 2012 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Illettrisme&oldid=76812523.

 

 

 

GOUVERNEMENT DE POLYNESIE FRANCAISE

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES EN DATE DU 26 MARS 2012

 

 

Extrait :

…………..

EDUCATION :

……….

Malheureusement, encore trop d’élèves quittent le système scolaire sans les compétences de bases suffisamment solides. Et la lutte contre l’illettrisme reste une préoccupation majeure.

Pour information :

Pour les personnes qui ont été scolarisées et qui n'ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l'écriture, du calcul des compétences de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante, on parle d'illettrisme. Il s'agit pour elles de réapprendre, de renouer avec la culture de l'écrit, et avec les formations de base dans le cadre de la politique de lutte contre l'illettrisme.

Voici les chiffres officiels concernant l’illettrisme sur le Fenua, obtenus lors des JAPD  en 2009, 2010 et 2011 :

 

 

2009

2010

2011**

GUADELOUPE

31,1%

33,3%

34,4%

MARTINIQUE

32,4%

29,1%

30,3%

GUYANE

43,9%

47,1%

48.6%

REUNION

27,7%

30,6%

28,6%

MAYOTTE

72,8%

73,3%

70,3%

Total DOM

33,4%

35,7%

35,8%

Nouvelle Calédonie*

34,8%

34,4%

34,8%

Polynésie Française*

41.7%

45,6%

40,6%

Wallis et Futuna*

63,4%

55,9%

45,9%

Total COM

39,1%

40,4%

37,9%

Total DOM+ COM

34,9 %

36,8%

36,2%

France Sans DOM et COM

9,6%

9,5%

 

Ensemble France + DOM

10,6%

10,7%

 

 

…………..

 

bonnetdane

Je suis surpris que personne n’ait relevé les pourcentages d’illettrisme en Polynésie. Il est vrai qu’en ce moment nos « politiques » sont plus intéressés par l’élection d’un président de la république d’une certaine France qui, pourtant à un taux d’illettrisme  4,3 fois moins élevé que le notre.

 

Cette situation devrait rapidement s’améliorer puisqu’un "comité de pilotage... est chargé d'animer ce comité (?) pour en mutualiser les expériences et les outils : un travail en réseau élargi. Les départements et collectivités d'Outre-mer sont invités à produire un plan régional de lutte contre l'illettrisme"

Donc tout va très bien, nous aurons un comité qui va s’auto-animer pour nous sortir un plan…

  

 

smsEnfin notre ministre de l’éducation a déclaré que l’’örero  était la bonne solution pour lutter contre l’échec scolaire. De plus, à la prochaine rentrée scolaire les collégiens seront en uniforme.

Nous sommes sauvés !!!!!

 

Lire aussi, si vous n'êtes pas illettrés :

 

PLAIDOYER POUR LES NULS (1)

PLAIDOYER POUR LES NULS (2)

PLAIDOYER POUR LES NULS (3)

PLAIDOYER POUR LES NULS (4)

PLAIDOYER POUR LES NULS (5)

PLAIDOYER POUR LES NULS (6)

PLAIDOYER POUR LES NULS (7)

PLAIDOYER POUR LES NULS (8)

PLAIDOYER POUR LES NULS (9)

PLAIDOYER POUR LES NULS (10)

PLAIDOYER POUR LES NULS (11 & FIN)

Par N.L. Taram - Publié dans : Éducation
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 08:12

Evolution

 

 

Suite de notre feuilleton « Plaidoyer pour les nuls » de Jean-Paul Barral.

Aujourd’hui la fin approche, voilà les annexes et les conclusions…

 

 

----------o----------

 

 

Annexes :

 

Classement de la France dans les études PISA 2000, 2003 et 2006

 

Classement PISA

 

Vos enfants ne sont pas vos enfants…

 

Vos enfants ne sont pas vos enfants

Ils sont les fils et les filles

De l'appel de la vie à elle même.

Ils viennent à travers vous, mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous,

Ils ne vous appartiennent pas.

 

Vous pourrez leur donner votre amour

Mais pas vos pensées

Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps

Mais pas leurs âmes

Car leurs âmes habitent la maison de demain

Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,

Mais ne tentez pas de les faire comme vous

Car la vie ne va pas en arrière,

Ni ne s'attarde avec hier.

 

Vous êtes les arcs par qui vos enfants

Comme des flèches vivantes sont projetés

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini

Et il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches

Puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer

Soit pour la joie

Car de même qu'il aime la flèche qui vole,

Il aime l'arc qui est stable.

 

Khalil GILBRAN

« Le prophète »

 

Les 10 conditions de la réussite d’un enfant.

 

Conditions réussite

 

Séminaire Famille Ecole Commune – Octobre  2010 – Jean-Paul  BARRAL

Les 10 clés de la Confiance

Comment instaurer la confiance

Hervé Serieyx

 

La création de confiance passe par la parole et l’écoute, le projet de l’entreprise (ou du pays ou du système éducatif), le respect des règles du jeu définies, le sentiment d’appartenance (fierté d’être Polynésien), la valorisation personnelle, le dépassement collectif etc.

 

Les 10 clés pour entretenir la confiance : les 10 « C » :

o   Cible :         Que fait-on ensemble ? Quel est notre projet ? Que voulons-nous vraiment faire tous ensemble ?   
La cible doit toujours être ambitieuse.

o   Cohérence : La société doit être composée de T men et T women.
La branche verticale du T symbolise la capacité à approfondir les connaissances et augmenter le professionnalisme.     
La branche transversale symbolise en complément la bonne compréhension des contraintes des spécificités des personnes avec lesquelles il nous faut collaborer.
Veiller également à la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait !

o   Coopération : Décloisonner, travailler ensemble.

o   Compétence : Savoir reconnaître la compétence des autres.
Dans l’entreprise, cela signifie aussi qu’il ne faut pas laisser un agent maîtriser totalement son poste. Il faut complexifier son travail et créer des défis qui provoquent une stimulation, une remise en cause permanente.

o   Communication : Exemple de Bill Gates qui, régulièrement, allait dans les bureaux de sa société pour discuter avec le personnel, pour aller à la rencontre des critiques, souvent constructives. « Il faut se rencontrer ! ».
Les TIC apportent une nouvelle forme de circulation de l’information. Mais faire circuler une information n’est pas « communiquer », c’est seulement du partage d’information. Le mail permet d’envoyer une information, mais on ne sait pas quand il arrive, s’il est lu, si l’information qu’il contient est comprise ni comment elle est comprise.

o   Créativité : Savoir écouter et s’enrichir des idées et innovations des autres.

o   Convivialité :      Introduire de la simplicité dans les relations humaines. Un peu de chaleur compense la rigueur de gestion.

o   Contrat social : « On n’a des droits que si on a des devoirs ».      
Dans l’éducation des enfants par exemple, cela peut aussi tendre à trans-former le caprice (« je veux ! ») en désir (« j’aimerais bien… »).

o   Changement : Le changement devient la nouvelle règle de l’entreprise qui, jusqu’à présent avait pour règle la stabilité.         
Il faut donc savoir accepter le changement.

o   Courage :   Il faut savoir se changer et s’adapter aux nouvelles dynamiques de l’entreprise, de la société. Cela implique des remises en cause de soi et beaucoup d’enthousiasme.

 

Comment améliorer le système éducatif selon la démarche qualité ?

Hervé Serieyx

                  
Dans le monde de l’éducation, tout le monde sait que de nombreux élèves qui entrent au collège ne maîtrisent pas la lecture, ne savent pas écrire ni compter. « On n’y peut rien, c’est comme ça… » entend-on dire. C’est faux ! Il n’y a pas de fatalité.

 

La démarche qualité « C’est une façon collective de penser et d’agir pour atteindre mieux ses objectifs ».Elle doit se reposer sur 5 grands principes :

 

A/ Le principe de conformité :

Aux attentes des bénéficiaires (les jeunes) ;

Aux promesses qui ont été faites (aux parents, aux élèves, mais aussi aux enseignants et aux entreprises).

 

Il s’agit aussi, pour un système éducatif, de préparer des citoyens, de leur donner des valeurs républicaines. « Le bien commun… », « Moi, c’est important ; Nous, ça l’est encore plus ». Il faut apprendre à travailler en partage. « Le Diable est dans les cloisons » disent les québécois. Il faut décloisonner les entreprises, l’administration etc.

Il y a 5 qualités à développer (c’est le viatique des québécois) :

1.     Connaissances minimales :

Il faut absolument avoir la parfaite maîtrise d’au moins une langue. « On pense avec des mots. Moins on connaît de mots, moins on pense… ». (La Polynésie doit donc résoudre son problème de diglossie). Au Québec, les élèves qui vivent en milieu anglophone suivent un cursus scolaire en anglais. Ceux qui vivent en milieu francophone suivent leur cursus en français. (Leur chance est que les deux langues offrent les mêmes accès aux études supérieures).

2.     Rigueur

Il faut donner du sens à ce que l’on fait. « Vais-je où je veux aller ? ». Adhérer au principe de réalité. « Le réel, c’est quand on se cogne » (aspect formateur de l’erreur). Les jeunes doivent apprendre à se documenter, à analyser, à argumenter… « Savoir, savoir faire, savoir y faire ».

3.     Effort

Apprendre à faire des efforts. C’est vital. Ne pas décourager les élèves qui n’ont pas su…

« L’échec est le brouillon de la réussite ».

4.     Mobilité (aussi bien intellectuelle que matérielle)

Ne pas hésiter à aller à la rencontre des autres, de mélanger les connaissances et expériences.

5.     Altérité

Vivre avec les autres, enrichir les autres de nos valeurs, s’enrichir de celles des autres.

Apprendre à vivre en réseau.

 

B/ Le principe de prévention (« Mieux vaut prévenir que guérir »)

Il faut travailler en amont des problèmes plutôt que de créer de la démotivation puis de la misère sociale.

Pour cela, il faut développer les processus de mise en œuvre du viatique

o   Notre démarche nous conduit-elle vers notre objectif ?

o   L’alternance est un processus pédagogique vital pour permettre aux différentes formes d’intelligence (concrète et abstraite) de s’exprimer également.

 

C/ Le principe de mesure

Dans tout projet, il faut mesurer les progressions. En matière d’éducation, il faut mettre en place un observatoire qui, par exemple, pourra faire des mesures sur des cohortes d’élèves afin de préciser quel a été leur devenir 5 ans, 10 ans après leur formation.

Pour que les jeunes restent dans leur corps de métier principal, il faut leur donner toutes les armes qui leur permettront d’évoluer de façon autonome.

Ainsi, l’élève du SJA de Punaauia qui présente son atelier : « Ici, on fabrique des garde-manger. ». Puis il explique pourquoi les garde-manger, comment ils sont fabriqués, parle de leurs mesures, développe des arguments de vente. Ce jeune a compris l’essentiel. Il peut intégrer le monde du travail car il saura y évoluer.

 

D/ Le principe d’excellence

Il faut sans cesse se rapprocher de notre objectif (indicateurs de terrain). Les personnels enseignant doivent être des exemples d’enthousiasme et de créativité. « Les enseignants doivent être des vivants ! ».

Ne pas hésiter à reculer l’objectif au fur et à mesure qu’on s’en approche. Cela permet de faire toujours mieux.

 

E/ Le principe de responsabilisation

Tout le monde doit se sentir co-responsable du système éducatif.

Les clubs « jeunesse et entreprise » permettent de préparer les jeunes à la vie en entreprise.

Associer les parents aux dispositifs de formation et d’enseignement (école des parents)

La société en général doit également se sentir co-responsable de la formation des jeunes. La commune en particulier en mettant en place des Projets Educatifs à l’échelon communal.

 

Les jeunes d’aujourd’hui et le monde du travail.

Hervé Serieyx

Comment améliorer les choses ?

o   Les familles

« Quand on a des enfants, il faut s’en occuper ! ». Il faut donc inciter les parents à donner envie de vivre, de lire, d’écouter, d’apprendre. 

Mettre en garde les parents contre les addictions aux consoles de jeux… ;

o   Le système éducatif doit valoriser toutes les intelligences ;

o   Les entreprises doivent :

 

§  Travailler avec les enseignants pour faire comprendre leurs besoins ;

§  Sensibiliser leurs cadres (managers de 1er niveau) au fait que les jeunes ne sont pas comme eux ;

§  Expliquer aux jeunes le sens du travail demandé (« sinon on perd les bons, on garde les mauvais et on meurt face aux Chinois… ! ») ;

§  Promouvoir aux postes à responsabilité des gens qui ont une vraie compétence humaine. Le diplôme n’est plus le seul critère à retenir.

§  Appliquer la règle des 12 « e » dont les 6 principaux sont :

 

-         Etoile : Se dépasser en permanence, vouloir évoluer, donner du sens à l’emploi, expliquer les projets, obtenir l’adhésion ;

 

-         Enthousiasme : Donner envie d’aller au travail. Le cadre a « un devoir d’auto-allumage ! Comme tout le monde, il a sas problèmes, mais il doit faire bonne figure et montre de l’enthousiasme et de la bonne humeur pour rendre l’espace de travail agréable. » ;

 

-         Ecoute :

§  Les responsables doivent être réceptifs et percevoir ce qui change (évolution de la demande par exemple) ;

§  Recueillir les avis des collaborateurs pour prendre les bonnes décisions. Les décisions peuvent être prises seul (« Pour décider, il faut en nombre impair. Et 3, c’est déjà trop ! ».

-         Endurance : C’est la capacité à tirer des leçons de ses échecs. Ne pas se laisser abattre par le premier problème 

 

-         Ethique : Il est essentiel d’avoir un système de valeurs fort. L’entourage nous ressent dès lors comme des « vivants ».

 

-         Exemplarité : C’est l’évidence mais il faut le rappeler : le cadre doit montrer l’exemple et en particulier, ses actes doivent être cohérents avec son discours. « Il faut faire ce qu’on dit… ».

 

 « Il y a deux sortes d’efficacité, celle du typhon et celle de la sève » disait Camus. Il n’est pas question de casser le système éducatif en place, mais de lui apporter les éléments qui sauront le faire évoluer.

 

Postface

 

Pour conclure, j’aimerai nous ramener à l’image de Plantu qui ouvre ce document. C’est l’image du MAITRE, de celui qui transcende, de celui qui entraîne, de celui qui fait se dépasser, de celui qui montre la voie, de celui qui donne envie, c’est l’image de l’étoile qui montre le chemin et qui donne à chacun des repères.

 

Je dédie ce travail à toutes celles et à tous ceux qui tous les jours dans les classes sont les passeurs d’avenir.

 

Je dédie ce travail à tous les parents qui ont charge de conduire leurs enfants vers un destin plus responsable et mieux partagé.

 

Enfin je dédie ce testament pédagogique à mes MAITRES qui ont guidé mes pas et forgé mon esprit, inculqué les valeurs qui ont tracé le chemin de ma vie.

 

 

 

Jean-Paul BARRAL

 

Le 25 novembre  2011

 

Par N.L. Taram - Publié dans : Éducation
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 08:00

EnseignantPLAIDOYER POUR LES NULS (10)

 

 

Suite de notre feuilleton « Plaidoyer pour les nuls » de Jean-Paul Barral.

Aujourd’hui, nous passons enfin à des choses sérieuses  : 

-  la formation des maîtres et  les propositions…

 

----------o----------

 

Quelle formation pour les maîtres

 

 

L’ensemble des missions de l’école doit être pris en compte dans le cursus de formation au sein d’un Institut Territorial de Formation des Maîtres dont les spécifications seront négociées avec le Ministère de l’Education Nationale. . Plus qu’un niveau de recrutement  à Bac+ 4, il convient de privilégier une démarche d’engagement dans la filière éducative des futurs enseignants à partir de la 1ère année de DEUG avec des unités de formation en alternance dans les différentes structures éducatives pour acquérir sur le terrain une expérience pratique dans les classes et dans d’autres structures: centres aérés, centres de vacances, institutions spécialisées. Le BAFA sera exigé pour entrer  en formation à l’Institut.

 

De ce qui a été exposé dans ce document, il apparaît clairement que, pour moi, le préalable de tout apprentissage disciplinaire doit être le bien être de l’enfant dans sa famille et de l’élève dans sa classe. Si les conditions de vie de l’élève au sein de la famille échappent totalement à l’école, ce qui se passe dans la classe constitue par contre un élément sous le contrôle de l’institution scolaire.

 

La première exigence de l’école doit être la qualité de l’accueil des enfants et particulièrement des enfants en situation familiale précaire. Former les maîtres à une attitude empathique envers ces enfants est un préalable pour dissiper ou au moins atténuer leur mal être et leurs souffrances. Il ne s’agit en aucune manière de se substituer au devoir d’affection et d’amour des parents, mais de montrer à ces enfants qu’ils sont pris en compte pour ce qu’ils sont.

 

Former les maîtres à l’effort permanent de valorisation des élèves dans leur comportement et leurs efforts d’apprentissage constitue un levier important du développement de la confiance en soi et de l’estime de soi, condition première de la réussite des apprentissages disciplinaires.

 

Former les maîtres à la mise en place des conditions nécessaires au développement du sentiment d’appartenance au groupe classe, à la mise en œuvre d’activités éducatives propres à développer le respect de soi et des autres, la solidarité et le sens du travail en équipe.

 

Former les maîtres au développement de la personnalité des enfants en les valorisant dans leurs domaines d’excellence : expression écrite, orale, sportive, sociale, artistique….

 

Former les maîtres au développement d’une pédagogie coopérative, d’une pédagogie du projet, du partage des responsabilités, de la valorisation des compétences de chacun…

 

Former les maîtres à l’esprit d’innovation qui doit conduire leur activité professionnelle, le goût de l’expérimentation et de l’évaluation comme moteur d’une véritable efficience pédagogique ;

 

Former les maîtres aux techniques de la communication multimédia et à l’usage de l’internet comme outils de partage des expériences pédagogiques réussies, à la formation à distance, à l’ouverture des élèves sur le monde.

 

 Voilà le socle de la formation sur lequel pourra se construire un véritable projet pédagogique disciplinaire.

 

enseignant-caf6dQuelques propositions.

 

« Si aujourd’hui, une véritable faille culturelle fracture et pervertit notre école, c’est parce que aucun responsable ni de gauche, ni de droite, n’a osé sacrifier  le confort d’un statut quo sans cesse négocié à l’impopularité de profondes réformes nécessaires ».

 

Voici quelques propositions qui découlent des analyses précédentes. Le statut d’autonomie du Pays lui octroie une très large marge d’initiative dans le domaine de l’éducation par rapport au système national.

 

Le système éducatif Polynésien trouve une dynamique propre dans l’ensemble du système éducatif Français. C’est une approche nouvelle de partenariat qui donne véritablement au gouvernement du Territoire toute l’autorité nécessaire pour concevoir, animer et piloter un système éducatif rendu autonome et adapté, en relation avec le Ministère de l’Education Nationale.

Au niveau de l’organisation générale du système éducatif qui comprend le système familial, le système scolaire et le système social, il convient de fixer les orientations suivantes.


Mettre l’enfant et la famille au cœur de notre stratégie pour l’école.

 

Favoriser la mise en place de structures de formation à la parentalité (école des parents) qui pourraient prendre des formes diverses à l’initiative des établissements scolaires autour des associations de parents d’élèves par l’organisation de séminaires, de débats en soirée, de groupes de parole, dans les écoles ou les quartiers, en bilingue si nécessaire. A l’initiative également des établissements pour les enseignants. A l’initiative des associations municipales ou religieuses pour les citoyens ou les fidèles…..

 

Favoriser la mise en place dans toutes les communes d’un Projet Educatif Local, sous l’autorité du Maire, visant à rassembler toutes les ressources éducatives disponibles pour élaborer avec tous les partenaires, une stratégie d’éducation de la Commune, notamment dans le domaine de la parentalité.

 

Transformer l’architecture du Ministère de l’Education.

DES

 

Renforcer la cohésion du Ministère de l’Education en fusionnant la DEP et la DES dans une seule Direction de l’Education.

 

Créer une Direction de l’Evaluation et de la Prospective chargée de rassembler l’ensemble des données concernant l’évaluation des politiques publiques d’éducation, le suivi de la Charte, la réalisation d’enquêtes statistiques et la mise en place d’indicateurs autour des problèmes de vie scolaire ‘ (absentéisme, décrochage scolaire, déscolarisation, incivisme, violence,… ) mais également des questions pédagogiques ( évaluations sommatives en CE2, puis en 6ème en Français et en Mathématiques, adaptées au contexte local, mise en place d’évaluations des bagages lexicaux en Français et en reo Maohi, mise en place d’évaluations autour de l’illettrisme jusqu’au niveau de l’université….)

 

Au sein de cette direction sous l’autorité directe du Ministre, création d’une cellule dédiée à la promotion des projets de parentalité au sein des établissements scolaires et des communes (aide à la mise en place des PEL)

 

Dans le cadre du volume horaire annuel de cours contractualisé avec le Ministère de l’Education Nationale, et dans le respect des maxima de service des enseignants,  consacrer deux heures par semaine et par enseignant à la prévention de l’échec scolaire par des activités pédagogiques et/ou éducatives (soutien pédagogique en petits groupes ou individualisé, rencontre avec les parents, animation d’activités de formation à la parentalité… activités de renforcement de l’estime de soi des enfants ). Des formations spécifiques en direction des personnels déjà en poste seront organisées. Cette formation sera intégrée dans le cursus des maîtres en cours de certification.

 

Transformer les fondamentaux de la pédagogie

et du fonctionnement du système éducatif..

 

 Réaménagement des temps scolaires :

 

Prise en compte des contraintes climatiques (passage au calendrier austral)

Accroissement du nombre de jours d’école

Diminution corrélative du temps journalier de cours

Rééquilibrage des temps de repos et des temps de classe.

 

Remplacement de la notation de 0 à 20 par une notation prenant en compte les acquis, de 1 à 5 ou de E à A comme cela se pratique dans tous les pays dont les systèmes sont jugés les plus performants.

 

Inflexion de la pédagogie et de l’évolution d’une logique de la faute et de la culpabilité, à une logique de l’erreur et de la construction de la connaissance. C’est une transformation fondamentale des représentations pédagogiques qu’il s’agit d’impulser dans tout le corps enseignant.

 

Cloisonnement-copie-1.jpg 

Autonomie des établissements :

 

Il importe que chaque établissement scolaire fonctionne non plus comme une administration des élèves, des enseignants, des moyens, mais comme une véritable entreprise publique d’éducation avec ses objectifs, son projet, ses valeurs, et son organisation participative impliquant toutes les ressources humaines au service de la communauté dans lequel il est appelé à servir. Il convient de redonner à chaque acteur de l’éducation, parents, personnels éducatifs, personnel de direction, élus communaux, les moyens d’exercer pleinement leurs responsabilités complémentaires

 

Evaluation des enseignants :

 

« La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ». Tout agent public a donc l’obligation de rendre compte de son activité que ce soit dans l’administration de l’Etat, du Pays ou des communes. Ce n’est ni une brimade, ni une agression, ni une éventualité, c’est un DEVOIR. L’évaluation est donc un outil indispensable de la bonne gestion des politiques publiques. L’Education constitue une politique publique.

 

L’évaluation telle qu’elle est pratiquée actuellement et depuis des décennies est très imparfaite. Elle s’appuie essentiellement sur l’idée que tout fonctionnaire s’améliore d’année en année comme le bon vin. Et que cette amélioration est continue et uniforme et dépend nomment de l’ancienneté de la personne.

 

Ainsi  à chaque âge de la maturation du vin correspond une notation du millésime parfaitement encadré par les directives académique. C’est ce qu’on appelle les « fourchettes » de notation. Chaque fonctionnaire se croit en droit d’exiger que sa note administrative progresse d’une année sur l’autre. Le simple maintien de la note par le chef d’établissement est considéré comme attentatoire à la dignité de la personne et doit faire l’objet d’un rapport circonstancié. Quant à la diminution de la note administrative, elle doit donner lieu à la production d’un mémoire détaillé justifiant ce qui est vécu comme une véritable agression.

 

Pour ce qui concerne la notation pédagogique des enseignants, elle répond à la même philosophie. Elle est censée apprécier l’action pédagogique dans la classe et se produit au mieux tous les 4 ans voir tous les 8 ans pour certaines disciplines. Elle est encadrée par des procédures précautionneuses – annonce de la date d’inspection suffisamment de temps à l’avance pour que le professeur puisse se préparer à réaliser ce jour là le spectacle pédagogique de sa vie. Le reste du temps (4 ans moins 1 heure) chaque enseignant conduit sa classe comme bon lui semble. Le chef d’établissement n’a le droit d’intervenir dans la classe que pour des raisons de perturbations graves ou de  danger.

 

Pour améliorer le système, tout chef d’établissement devrait avoir un droit de regard sur l’activité pédagogique de chaque enseignant non dans sa dimension disciplinaire mais dans sa dimension managériale. Encore faut-il que des personnels de direction soient parfaitement formés avant de prendre un poste d’une telle responsabilité. Encore faut-il que les personnels soient également formés à cette nouvelle façon de travailler ensemble dans l’intérêt des élèves.

 

Un entretien d’appréciation contradictoire entre le chef d’établissement et chaque agent doit être conduit tous les ans sur la base de critères objectifs établis au niveau académique en concertation avec les organisations représentatives des personnels.

 

Action pédagogique :

 

La mise en commun des expériences, des pratiques et des réussites pédagogiques doit être la règle. La vulgarisation de l’Internet permet aujourd’hui une mutualisation de toute l’activité des enseignants entre collègues du même établissement ou d’établissements différents et ce aux quatre coins de la Polynésie. L’outil Internet constitue un levier très puissant de la concertation pédagogique, du partage, de la formation à distance. La formation des enseignants à la maîtrise parfaite de l’outil informatique doit constituer un élément important de leur cursus de formation initiale ou continue.

 

Pour ce qui est de la recherche pédagogique ou plus exactement de l’échange et du partage des pratiques pédagogiques innovantes et  efficaces, l’élément de base doit être l’établissement. Au niveau de chaque circonscription pédagogique l’inspection doit construire avec les établissements de son secteur un projet annuel d’activités de recherche et de pratiques pédagogiques intégré, en coordination avec l’équipe territoriale d’animation au sein de la Direction de l’évaluation et de la Prospective. Cette équipe reprendrait les missions du CTRDP et serait également responsable de la formation aux techniques informatiques et de la communication à distance. Nous ne pouvons plus aujourd’hui produire de l’action pédagogique en vase clos, chacun enfermé dans sa classe. L’échange, le partage d’expériences, la communication, la co-formation, sont des pratiques absolument indispensables au confort pédagogique des enseignants, à leur efficacité et au progrès de l’action scolaire et éducative.

 

 La Charte de l’éducation, saison 2.

 

Le 7 juillet 2011 a été votée à l’Assemblée de Polynésie, à l’unanimité, la deuxième version de la charte de l’Education de la Polynésie Française. Notons que la première charte de l’Education fut également votée à l’unanimité le 18 Juin 1992 il y a 19 ans. L’échec de la première doit pousser à la prudence et à la vigilance.

 

La seconde Charte de l’Education produira-t-elle plus d’effets positifs que la première ? C’est à souhaiter. Mais d’expérience, rien n’est moins sûr.

 

En effet, ce qui est en jeu n’est pas le vote d’un texte au demeurant fort bien rédigé, le texte de la première charte l’était tout autant. Ce qui est en jeu est la volonté politique de transformation des comportements des différents acteurs du système éducatif : parents en premier lieu, autorités communales, et personnels du système éducatif.

 

Il nous faut des actes forts sur les thématiques essentielles que nous avons évoquées dans ce petit mémoire, avec des responsables capables d’impulser les changements non au niveau des paroles ou des textes mais au niveau des actes.

 

Nos responsables politiques et techniques seront-ils faire aujourd’hui ce qu’ils n’ont pas su faire hier ? Espérons que nous n’aurons pas à attendre encore 19 ans pour avoir la réponse.

 

(1) Alain Bentolila : « Urgence Ecole » Août 2007 p 19

(2) La charte de l’Éducation Rapport N° 99692 du 16 juin 1992
Des fondements du système éducatif
: Le système éducatif Polynésien au sein de la République Française

(3) Déclaration universelle des droits de l’Homme du 26 Août 1789 Article 15

Par N.L. Taram - Publié dans : Éducation
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 10:03

graine de violence,2PLAIDOYER POUR LES NULS (9)

 

 

Suite de notre feuilleton « Plaidoyer pour les nuls » de Jean-Paul Barral.

Aujourd’hui, nous rentrons dans le vif du sujet avec « Les missions de l’École »…

 

----------o----------

 

Le poids du redoublement

Le poids de la faute

 

La pratique de l’évaluation à la Française et de la notation à la Française conduit à un fléau national que l’on retrouve également en Polynésie de façon aggravée. Ces pratiques conduisent à un phénomène très pénalisant : la stratégie du redoublement.

 

« L’Education Nationale Française est la championne mondiale du redoublement. Au japon, en Corée et dans d’autres pays d’Asie, ce phénomène n’existe tout simplement pas. … Aucun Pays n’égale le taux de redoublement de la France. L’enquête PISA 2003 demandait quel pourcentage des élèves de 15 ans avait déjà redoublé une classe. La moyenne internationale était de 13,4%. Ce nombre en France était de 38,3% soit 3 fois plus ».

« Sur la base des taux actuels de redoublement au lycée, on peut estimer que la proportion d’élèves d’une cohorte qui redoubleront une fois du cours préparatoire à la terminale est proche de 57%. » (1)

decrochage-scolaire 

De façon générale redoubler est inefficace et contre productif.

« La répétition des mêmes contenus d’enseignement avec les mêmes méthodes et quelques fois aussi le même enseignant ne se révèle pas, sauf exception, une mesure suffisante pour remettre l’élève à niveau. » (2)

 

Cette pratique du redoublement extrêmement coûteuse en moyens en personnel et en moyens financiers,  est en lien profond avec une des pesanteurs pédagogiques déterminante du système scolaire français : le statut de l’erreur dans les processus d’apprentissages. L’erreur n’est pas considérée comme une option positive permettant de construire les connaissances mais comme une véritable faute au sens moral du terme, qui engage profondément la personnalité de l’élève et le déconsidère aux yeux de tous. C’est la raison pour laquelle à la différence des élèves d’autres pays, l’élève Français (et Polynésien) éprouve toujours une appréhension à répondre à une question de peur de « faire une faute ».

 

“Tout notre système d’évaluation suit un mode traditionnel qui pointe la faute plutôt que la réussite » (3)

 

« Les élèves Français préfèrent se taire plutôt que de donner une réponse erronée.

La réticence des jeunes Français ne serait-ce qu’à tenter de répondre à une question est symptomatique d’un système où les enfants ont été conditionnés à « la fermer » plutôt qu’à exprimer ce qu’ils pensent par peur de se tromper. Ce système promeut l’effacement de soi, le conformisme et l’obéissance aveugle au détriment du sens de l’initiative et de la curiosité. » (4)

 

Les missions de l’Ecole

 

La première mission : la personnalité de l’enfant

Le devoir d’exemplarité

 

Comment redonner sa place au Maître d’école ou de collège ou de Lycée dans la société ?

Tout d’abord en réaffirmant son rôle fondamental dans la structuration de la personnalité de l’enfant. Le premier rôle du Maître est d’accompagner l’élève dans sa propre construction selon la belle formule de Jean Rostand, en le faisant découvrir ce qu’il est. Pour ce faire, il doit constituer pour l’enfant un repère, un invariant, une référence et un exemple qui puisse l’inspirer. Cette première mission constitue le socle du métier, depuis le temps où il a été institué. Il n’est pas inutile de rappeler les devoirs éthiques et moraux de la profession, tels qu’ils ont été transcrite depuis bientôt deux siècles par les différents ministres de l’éducation.

 

Je rappellerais deux citations extraites de deux « Lettres aux instituteurs » :

 

« Vous n’ignorez pas qu’en vous confiant un enfant, chaque famille vous demande de lui rendre un honnête homme et le pays un bon citoyen. » (5)

 

« On a compté sur vous pour leur apprendre à bien vivre par la manière même dont vous vivez avec eux et devant eux. Ce sera dans l’Histoire un honneur particulier pour notre corps enseignant d’avoir mérité … cette opinion qu’il y a dans chaque instituteur, dans chaque institutrice, un auxiliaire naturel du progrès moral et social, une personne dont l’influence ne peut manquer, en quelque sorte, d’élever autour d’elle le niveau des mœurs. » (6)

 

Voilà pour le devoir d’exemplarité.

 

La deuxième mission : l’apprentissage de l’altérité.

Le devoir de respect

 

professeurLa seconde mission qui incombe aux Maîtres c’est d’ouvrir à nos enfants et à nos jeunes le chemin de l’altérité. La découverte de l’autre, la découverte de la différence, des rapports interpersonnels et des rapports sociaux au sein d’une collectivité (groupe de travail, classe, école…) sont essentiels à la construction de l’image sociale de chaque enfant…. Avec en arrière plan les valeurs du respect que l’on doit à soi même et aux autres. Voilà pour la mission de socialisation de l’école.

 

La troisième mission : Transmission des valeurs éducatives

Le devoir de responsabilité

 

La troisième mission qui incombe aux Maîtres est celle de la transmission des valeurs éducatives propres à armer les jeunes gens et les futurs citoyens à affronter la vie active dans les conditions optimales qui puissent les conduire  au bonheur.

 

L’éducation à la responsabilité par rapport à soi et aux autres, qu’accompagne l’éducation à la solidarité dans le groupe classe, l’école, la commune, c’est en effet l’apprentissage de la communication, du partage, de la participation, de la coopération qui doit s’apprendre à l’école.

 

Il importe, notamment de nos jours de former sérieusement les enfants aux techniques de la communication dans le cadre du développement exponentiel de toutes les techniques liées à l’Internet et à l’informatique afin de les protéger contre les aspects nocifs du libre accès à ces outils de communication. Faire comprendre les règles, les enjeux et les dangers potentiels de ces outils qui ouvrent un champ infini d’accès à toutes les connaissances. Replacer le réel et l’humain au centre de toute démarche de communication et lutter contre l’isolement, la réclusion et l’enfermement dans un monde virtuel générant une entropie de la relation humaine.

 

N’oublions pas parmi les valeurs éducatives l’exigence de la rigueur dans l’ensemble de toutes les activités dans l’école et autour de l’école, dans la famille particulièrement, valeurs absolument nécessaires à la consolidation des connaissances et des comportements.

 

La quatrième mission : la transmission des connaissances.

Les outils de la pensée

 

Enfin la quatrième mission de l’école est la transmission des connaissances nécessaires à la maîtrise des savoirs et des savoirs faire propres à armer les jeunes à entrer dans la vie active en acquérant une formation professionnelle conduisant à un métier dans les meilleures conditions d’employabilité. Parmi ces connaissances, il convient de mettre au premier plan celles qui permettent toutes les autres, les instruments de la construction de la pensée.

 

Le langage, premier jalon pour décrire, se familiariser, s’approprier le monde environnant et particulièrement de tenter les premières médiations sociales. Ensuite l’écriture, construite sur le langage qui permet d’élaborer une pensée structurée et puissante. Enfin le calcul qui permet de quantifier le monde et de s’en approprier les règles, les lois, les propriétés et de comprendre les réalités physiques qui nous entourent.

 

A chaque pallier de l’école, les conditions minimales d’acquisition de ces outils doivent être  vérifiées et une consolidation doit être assurée en permanence pour permettre à tous les enfants de bénéficier d’une scolarité satisfaisante.

 

Pour les techniques d’apprentissages (didactique) et les méthodes d’apprentissage (pédagogie) une formation spécifique sera délivrée qui ne pourra constituer qu’une partie de la formation des futurs Maîtres. Il importe de comprendre que cette mission de transfert des connaissances ne peut se concevoir que bâtie sur le socle des valeurs des trois premières.

 

Dans la transmission des connaissances, il importe également de donner du sens aux apprentissages. L’empilement des connaissances ne saurait correspondre à un véritable projet d’apprentissage à moins que ces différentes connaissances ne soient liées entre elles par le lien du sens. Apprendre à lire mot à mot (déchiffrage) ne signifie nullement savoir lire. C’est la cause essentielle de l’illettrisme : une connaissance désarticulée privée de tout sens.

 

L’enjeu de l’implication des maîtres

 

Quand on affronte les réalités de demain avec les organisations d’hier, on a les problèmes d’aujourd’hui.
Hervé Sérieyx

 

Il serait vain de vouloir transformer le système éducatif sans la participation active des maîtres. Nous avons vu le rôle déterminant des parents dans l’éducation familiale, le rôle des enseignants est tout aussi important dans l’éducation scolaire.

 Pourquoi changer ?

 Activités d'éveil

Pourquoi les enseignants changeraient-ils ? Quel serait leur intérêt à changer ?

Pour une simple raison, la recherche du bonheur.

En effet qu’est ce qui pousse un jeune, au sortir de l’université de vouloir embrasser la carrière enseignante ? La sécurité de l’emploi ? Certes ! Un salaire appréciable et régulier ? Certes ! Des vacances plus importantes qu’ailleurs ? Certes ! La reconnaissance d’un statut social enviable ? Certes ! Quoique l’aura de l’enseignant ait bien pâli, moins de considération de la part des parents, moins de respect de la part des élèves, peu de reconnaissance souvent de la part de l’institution….

 

Ce n’est pas cela qui fait s’engager un enseignant. Car les charges sont lourdes, le métier est dur et éprouvant, physiquement, nerveusement, les responsabilités sont importantes, les enseignants ont un sentiment confus de déclassement social et leur image dans la société n’est plus ce qu’elle était il y a quelques décennies. Alors osons une explication : malgré tout cela les enseignants aiment leur métier parce qu’ils aiment les enfants et les jeunes et parce qu’ils ont à cœur de transmettre ce qu’ils ont reçu.

 

Et cette transmission, ce geste d’aller vers l’autre, ce goût du partage participe à l’idée gratifiante que sa vie est utile et que son destin est enviable, en somme le sentiment qu’il a de sa vie participe à son bonheur.

 

Mais aujourd’hui, malgré cela, beaucoup d’enseignants ne sont pas satisfaits de leur sort. L’état problématique dans lequel se trouve aujourd’hui leur institution les plonge souvent dans le doute quant à la pertinence de leur choix professionnel. Et pourtant, certains établissements fonctionnent très bien mais personne n’en parle.

 

Les média sont plus intéressés à montrer les établissements où les situations posent des problèmes de violence, d’incivilité, d’agressions. C’est une grande tare de notre système scolaire et médiatique : on ne sait pas mettre en valeur les succès et les réussites. Les enseignants de grande qualité ne sont ni mis en valeur ni récompensés, leurs pratiques remarquables ne sont profitables à personne, ils demeurent dans un anonymat stérile. Une des mesures utile pour le système éducatif serait de valoriser tous les talents qui existent dans nos établissements scolaires et en assurer une très large publicité en utilisant les moyens puissants de l’Internet, de l’informatique et des réseaux sociaux.   

 

(1) Direction de l’évaluation et  de la prospective « Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats ; Dossier 166 mai 2005.

(2) Jean-Paul Caille «Le redoublement à l’école élémentaire et dans l’enseignement secondaire ». (2004)

(3) Patrice Corre  Proviseur du Lycée Henri –IV

(4) Peter Gumbel « On achève bien les élèves »

(5) François GUIZOT «  Lettre aux instituteurs du 18 juillet 1833 »

(6) Jules FERRY « Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883 »

Par N.L. Taram - Publié dans : Éducation
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 03:42

sms.jpgPLAIDOYER POUR LES NULS (8)

  

Suite de notre feuilleton « Plaidoyer pour les nuls » de Jean-Paul Barral.

Aujourd’hui, nous allons apprendre à parler et à écrire, ensuite nous serons notés. A vos plumes, vous allez avoir quelques mauvaises surprises dans vos notes…

 

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Le défi de la langue.

 

S’il est un domaine déterminant pour le devenir de l’enfant, de l’élève, et du citoyen, c’est bien la maîtrise de la langue. Outil de base de la transmission des savoirs, de la communication, de la compréhension de monde, son acquisition est l’objectif premier de l’enseignement. Sa maîtrise lacunaire ou aléatoire constitue la cause majeure des échecs sociaux, des carences dans l’employabilité que signalait le représentant du ministère de l’emploi lors de la réunion au CESC sur le projet de nouvelle charte de l’Education.

 

Or les tests d’évaluation de CE2 et de 6ème ont montré en Polynésie une grave carence en français par rapport au niveau national. L’apprentissage de la langue (du Français et du Reo Maohi) est donc le défi majeur en Polynésie dans le domaine de l’enseignement.

« L’école d’aujourd’hui doit former des individus capables de s’adapter à une réalité culturelle et sociale polymorphe, peu prévisible dans ses mutations tout en ne transigeant pas avec leurs valeurs et leurs convictions.

Cigale-et-fourmi.JPG 

Une telle perspective impose qu’à l’entrée au collège , tous les élèves disposent d’une gamme suffisamment étendue de moyens intellectuels et linguistiques et qu’ils sachent en user efficacement…

 

Flexibilité, adaptabilité, pertinence, autonomie, conquête et construction du sens  sont, ou devraient être, les maîtres mots de l’école d’aujourd’hui.

 

L’école a ainsi la tâche ingrate de conduire à un usage lucide et pertinent de la pensée, ceux-là même dont sont programmées par ailleurs la paresse et la frilosité intellectuelles.

 

Si l’on ne peut demander à l’école de transformer directement le monde, on ne peut se résigner à ce qu’elle en soit le reflet fidèle. Elle doit essayer, dans la limite de ses contraintes et dans la mesure de ses moyens, d’amener les enfants à savoir donner sens culturel et moral au désordre et au tumulte de ce monde et à contribuer ainsi à une orientation moins aléatoire de son évolution.

 

L’école constitue aujourd’hui pour beaucoup d’enfants la seule instance de résistance susceptible de leur apprendre à conquérir et à offrir du sens par l’usage maîtrisé de la langue : avant, l’école était le lieu où l’on apprenait à lire et à écrire, elle est aujourd’hui, pour bien des enfants le lieu où l’on vient apprendre ce que penser veut dire »(1)

 

Les tests nationaux passés en Polynésie font apparaître un déficit important de la maîtrise du sens tant en Français qu’en mathématiques. Or « La langue est faite pour l’exégèse et non pour le constat et la désignation…. » La cause principale de l’illettrisme réside dans les apprentissages mécaniques des éléments de connaissance privés de sens.

 

 

L’école a ainsi la tâche ingrate de conduire à un usage lucide et pertinent de la pensée, ceux-là même dont sont programmées par ailleurs la paresse et la frilosité intellectuelles.(2)

 

Ainsi l’apprentissage du langage et de l’écriture constitue bien le socle de tous les apprentissages. Il conditionne l’ensemble du cursus scolaire de nos enfants et de leur intégration sociale et professionnelle. La recherche du sens dans tous les apprentissages participe de la lutte contre l’illettrisme. Donner à tous les élèves ces outils de base constitue l’engagement cardinal de notre système scolaire. A chaque niveau de classe, à chaque pallier, il convient donc de s’assurer que tous les élèves disposent des mêmes outils pour éviter un système scolaire à deux vitesses tel que nous le connaissons aujourd’hui, ouvert et promotionnel pour les « bons élèves », pénalisant et excluant pour « les nuls ».

 

Un effort important devrait être consacré aux phénomènes d’illettrisme, à leurs mesures aux différents paliers de la scolarité et à la mise en place des moyens pour l’éradiquer.

 

On veillera également à l’enrichissement du capital lexical en Français et en Reo Maohi, outil indispensable au développement de la pensée. Là aussi des mesures seront effectuées notamment à l’entrée en 6ème et en seconde.

Parole.jpgEn Polynésie, se rajoute à cette nécessité, celle du bilinguisme pour une majorité d’enfants polynésianophones issus de la culture et vivant dans un bain de langage Maohi. Cette affaire est d’importance car elle touche à l’identité de nos enfants sans laquelle la construction de leur personnalité se trouverait compromise. Développer les compétences linguistiques de nos élèves en reo Maohi est donc un impératif, tant sur le plan de la structuration intellectuelle que sur celui de la structuration de leur personnalité et de leurs compétences à affronter les apprentissages.

 

Ainsi, la mise en place des concours de Orero dans les écoles a redonné aux enfants et aux parents la fierté de leur identité. Toutefois, cette mesure qui met en valeur certains élèves très performants, pourrait apparaître comme une démarche alibi si elle n’était pas accompagnée au sein de tous les établissements scolaires d’un vrai projet d’expression en reo Maohi qui concerne toutes les classes et tous les élèves. Des activités d’écriture ou d’expression orale intégrées à un programme scolaire renforcé en reo Maohi seront nécessaires pour redonner toute sa place à la langue Polynésienne dans le système scolaire du Pays.

 

 

Cela suppose également que les enseignants soient formés de manière volontariste à l’usage des langues Polynésiennes et que les parents soient eux-mêmes convaincus de l’importance de l’usage de leur langue pour armer linguistiquement leurs enfants dans les apprentissages notamment ceux du Français…. Et qu’ils soient acteurs de cette démarche dans la famille. « On ne peut pas apprendre une langue étrangère sans être parfaitement à l'aise dans sa langue maternelle ». (3)

 

Le défi de l’évaluation et de la notation

 

Nous vivons depuis trente ans sur un mythe : la démocratisation de l’Education consisterait à maintenir le plus longtemps possible le plus d’élèves possible dans le système scolaire. Ce sont donc trouvées confondues la longévité scolaire avec l’efficacité et la qualité des enseignements. Sur la base de cette définition erronée, on a mis en place un fonctionnement pervers qui a à priori amené à élever le taux de succès  à des examens peu à peu dévalués et à afficher ainsi une façade démocratiquement présentable. On a donc sans cesse différé les échéances d’une évaluation honnête des savoirs fondamentaux renvoyant la confrontation à un échec inéluctable aux premières années d’université.

 

Contre ces faux semblants, nous devons affirmer avec force que la démocratisation ne se décrète pas, elle ne relève ni du maquillage habile d’un système à bout de souffle, ni de l’octroi de petits avantages sans cesse renégociés. La démocratisation de l’école doit se construire avec courage, ambition et exigence en coopération avec les familles. (4)

Ce qui est valable dans le système scolaire Français l’est à fortiori dans notre système scolaire Polynésien, pris comme sous produit du premier. Quelques exemples connus illustrent cette réalité dans notre Pays.

 

Les niveaux de compétence testés chaque année par les évaluations nationales CE2 et 6ème indiquent année après année les écarts importants de compétences entre les standards moyens et les résultats atteints par de très nombreux élèves Polynésiens. Les résultats de ces écarts conduisent de nombreux élèves en situation d’échec à l’entrée en 6ème. Cet échec s’amplifie au fur et à mesure que les années passent, pour aboutir au niveau de la classe de 3ème à la grande farce de l’examen du Diplôme National du Brevet (DNB).

 

Chaque année, comme pour le Baccalauréat est mise en scène la cérémonie initiatique du DNB : Collèges réquisitionnés, cours suspendus, personnels mobilisés pour la surveillance, la correction, les délibérations et les « ajustements ». Avec à la clé la sacro sainte décision ministérielle tant attendue pour le « rattrapage ». En effet, il apparaît à l’institution politiquement inconfortable d’admettre au DNB les élèves ayant obtenu uniquement la moyenne. Ainsi, d’autorité, le ministre décide d’admettre des élèves au dessous du seuil de la moyenne pour que, d’une année sur l’autre, le système se donne lui-même l’impression d’avoir progressé.

 

Cela ne change rien à la réalité des compétences des élèves, Cela permet simplement d’afficher des résultats en progrès constants d’une année sur l’autre. Le système scolaire organise lui-même sa propre promotion, déconnectée de la réalité.

 

Ce refus de la réalité et d’une évaluation objective, se poursuit après la 3ème au Lycée. Le résultat étant un échec de 70% des étudiants à l’UFP en première année. Le propos d’Alain Bentolila trouve en Polynésie une illustration caricaturale correspondant à l’accumulation à tous les niveaux des carences d’une véritable évaluation et à l’absence d’une vraie démarche de prévention des échecs au sein du système scolaire.

Carnet-de-notes.jpg 

Cette affaire d’évaluation est étroitement corrélée au dogme absolu de la notation. La fameuse échelle de 0 à 20.

 

« Dans une célèbre étude, les collègues de Piéron, Professeur au Collège de France , Henri Laugier, et Dagmar Weinberg confièrent à 3 professeurs de la faculté des sciences 37 copies dactylographiées et anonymes . Le premier professeur ne corrigea les copies qu’une fois. Le deuxième fut appelé à les recorriger dix mois après, et le troisième, plus de 3 ans plus tard.

 

Résultat, dans 30 cas sur 37 les notes changèrent radicalement avec un écart plus haut ou plus bas - s’élevant jusqu’à 10 points. Pire, ces variations auraient changé le destin des étudiants. La moitié des admis initiaux auraient été refusés après cette seconde correction et la moitié des refusés initiaux auraient été admis. »(5)

 

Le souci presque religieux de prendre pour référence la moyenne et d’aboutir à un classement, c'est-à-dire à la définition d’une situation relative et non d’une situation absolue… il résulte de cette religion de la moyenne nombre d’effets pervers qui jouent le plus souvent contre l’égalité et l’équité. (6)

 

Dans la plupart des Pays de l’OCDE et dans les pays disposant des meilleurs systèmes éducatifs, la notation de 0 à 20 a été remplacée depuis longtemps par des notations identifiant 5 niveaux en lettres de A à E ou en chiffres de 5 à 1, privilégiant une évaluation des compétences.

 

Le système de notation a également des effets dévastateurs sur la confiance en soi des élèves. Il renforce la crainte du contrôle, le stress de l’évaluation. Le Zéro apparaissant comme le stigmate de la nullité, le 20 comme un horizon hors de portée, utilisé très rarement par des enseignants en quête d’absolu.

 

« Le problème avec ce système, c’est qu’il requiert des notes faibles pour pouvoir fonctionner. Ce qu’André Antibi, professeur à l’université Paul Sabatier de Toulouse décrit comme une « constante macabre »

 

« Il m’est arrivé plusieurs fois d’éprouver un réel sentiment de malaise et d’angoisse à l’idée que les notes de mes contrôles pourraient être anormalement élevées. Je dois même faire une confidence : en cours de correction des copies d’examen, j’ai souvent éprouvé un certain plaisir malsain en présence d’une mauvaise copie pour une unique raison : grâce à cette copie, la moyenne des notes que je craignais trop élevée allait diminuer ; et j’espérais rencontrer d’autres copies du même type pour pouvoir être dans les normes. » (La constante macabre Nathan 2003)

 

Paradoxe, les plus sourcilleux défenseurs de la notation des élèves que sont les personnels enseignants sont également les plus rétifs à être eux-mêmes évalués et notés. Les inspections des enseignants sont entourées d’un cérémonial particulièrement imposant d’autant que cette cérémonie ne survient que tous les 4 ans voir pour certaines disciplines tous les 7 ou 8 ans.

 

La note obtenue à chaque inspection ne pouvant qu’être bonifiée par rapport à la précédente. La notation annuelle des professeurs du secondaire répond à la même logique, celle du vin de qualité qui se bonifie avec le temps. Elle est rigoureusement encadrée par des circulaires ministérielles qui fixent des « fourchettes » au delà desquelles le chef d’établissement ne peut s’aventurer qu’avec d’infinies précautions. Tout dépassement de la fourchette devant être argumenté par un vrai mémoire et toute baisse de la note justifiée par un mémoire encore plus conséquent. Le simple maintien d’une note nécessite de la part du chef d’établissement de produire également un mémoire de justification en cas de contestation.   

 

(1) Alain Bentolila  « Urgence Ecole » Août 2007 p10

(2) Alain Bentolila : « Urgence Ecole » Août 2007 p 19

(3) Léopold Sedar Senghor Discours au 8ème sommet de la Francophonie - Mai 1989

(4) Alain Bentolila : « Urgence Ecole » Août 2007 p 22

(5) Peter Gumbel « On achève bien les élèves »

(6) Inspection Générale de l’Education Nationale

Les acquis des élèves pierre de touche de la valeur de l’école ? Rapport 2005

Par N.L. Taram - Publié dans : Éducation
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Profil

  • N.L. Taram
  • TE HOA NO TE NUNAA
  • Musique Humour Politique Littérature Histoire
  • N.L. Taram, mon pseudonyme sur les blogs et forums, est l’anagramme de Jean Paul Marat « l’ami du peuple » (en tahitien « Te hoa no te nunaa ») mais vous pouvez m'appeler Pierre Carabasse, c'est mon pseudonyme sur mes feuilles d'impôt.

Petit Poème

La lenga de nòstre Païs

Mas perqué, perqué
M'an pas dit a l'escòla
Lou noum de moun Païs?
Qu'aviâ tuat moun Païs
La lenga de moun Païs ?
La lenga de nòstre Païs?

(Claude MARTI)
 
Te reo i tô tåua Fenua

 

Rå nô te ahu, nô te ahu
E parau huna i te fare ha'api'ira'a
Te oha tô'u Fenua
Nå råtou taparahi tô'u Fenua
Te reo i tô'u Fenua
Te reo i tô tåua Fenua

 

La langue de notre Pays

 

Mais pourquoi, pourquoi
Ne m'ont-ils pas dit à l'école
Le nom de mon Pays ?
Qu'ils avaient tué mon Pays
La langue de mon Pays ?
La langue de notre Pays ?

«La langue n'est pas primordiale, ce n'est que le véhicule de la pensée, l'important ce sont les idées... »

NOTES

Citoyen du monde1Les opinions exprimées dans certains articles publiés par ce blog, ne reflètent pas obligatoirement mon point de vue. Les notes en bleu et italique sont de moi-même. N.L. Taram

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