Suite de notre
feuilleton « Plaidoyer pour les nuls » de Jean-Paul Barral.
Aujourd’hui la
fin approche, voilà les annexes et les conclusions…
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Annexes :
Classement de la France dans les études PISA
2000, 2003 et 2006
Vos enfants ne sont pas vos
enfants…
Vos enfants ne sont pas vos enfants
Ils sont les fils et les filles
De l'appel de la vie à elle même.
Ils viennent à travers vous, mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous,
Ils ne vous appartiennent pas.
Vous pourrez leur donner votre amour
Mais pas vos pensées
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
Mais pas leurs âmes
Car leurs âmes habitent la maison de demain
Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
Mais ne tentez pas de les faire comme vous
Car la vie ne va pas en arrière,
Ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants
Comme des flèches vivantes sont projetés
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini
Et il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches
Puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer
Soit pour la joie
Car de même qu'il aime la flèche qui vole,
Il aime l'arc qui est stable.
Khalil GILBRAN
« Le prophète »
Les 10 conditions de la réussite d’un
enfant.
Séminaire Famille Ecole Commune – Octobre 2010 – Jean-Paul BARRAL
Les 10 clés de la
Confiance
Comment instaurer la
confiance
Hervé Serieyx
La création de confiance passe par la parole et l’écoute, le projet de l’entreprise (ou du
pays ou du système éducatif), le respect des règles du jeu définies, le sentiment d’appartenance (fierté d’être Polynésien), la valorisation personnelle, le dépassement collectif
etc.
Les 10 clés pour entretenir la
confiance : les 10 « C » :
o Cible : Que fait-on ensemble ? Quel est
notre projet ? Que voulons-nous vraiment faire tous ensemble ?
La cible doit toujours être ambitieuse.
o Cohérence : La société doit être composée de T men et T women.
La branche verticale du T symbolise la capacité à approfondir les
connaissances et augmenter le professionnalisme.
La branche transversale symbolise en complément la bonne compréhension des contraintes des spécificités des personnes avec lesquelles il nous faut collaborer.
Veiller également à la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait !
o
Coopération : Décloisonner, travailler ensemble.
o Compétence : Savoir reconnaître la compétence des autres.
Dans l’entreprise, cela signifie aussi qu’il ne faut pas laisser un agent maîtriser totalement son poste. Il faut complexifier son travail et créer des défis qui provoquent une stimulation, une
remise en cause permanente.
o
Communication : Exemple de Bill Gates qui, régulièrement, allait dans les bureaux de sa société pour discuter avec
le personnel, pour aller à la rencontre des critiques, souvent constructives. « Il faut se
rencontrer ! ».
Les TIC apportent une nouvelle forme de circulation de l’information. Mais faire circuler une information n’est pas « communiquer », c’est seulement du partage d’information. Le mail
permet d’envoyer une information, mais on ne sait pas quand il arrive, s’il est lu, si l’information qu’il contient est comprise ni comment elle est comprise.
o
Créativité : Savoir écouter et s’enrichir des
idées et innovations des autres.
o
Convivialité : Introduire de la
simplicité dans les relations humaines. Un peu de chaleur compense la rigueur de gestion.
o
Contrat social : « On n’a
des droits que si on a des devoirs ».
Dans l’éducation des enfants par exemple, cela peut aussi tendre à trans-former le caprice (« je veux ! ») en désir (« j’aimerais bien… »).
o Changement : Le changement devient la nouvelle règle de l’entreprise qui, jusqu’à présent avait pour règle la stabilité.
Il faut donc savoir accepter le changement.
o
Courage : Il faut savoir se changer et s’adapter aux nouvelles dynamiques de l’entreprise, de la société. Cela
implique des remises en cause de soi et beaucoup d’enthousiasme.
Comment améliorer le système éducatif selon
la démarche qualité ?
Hervé Serieyx
Dans le monde de l’éducation, tout le monde sait que de nombreux élèves qui entrent au collège ne maîtrisent pas la lecture, ne savent pas écrire ni compter. « On n’y peut rien, c’est comme ça… » entend-on dire. C’est faux ! Il n’y a pas de fatalité.
La démarche qualité « C’est une façon
collective de penser et d’agir pour atteindre mieux ses objectifs ».Elle doit se reposer sur 5 grands principes :
A/ Le principe de
conformité :
Aux attentes des bénéficiaires (les jeunes) ;
Aux promesses qui ont été faites (aux parents, aux élèves, mais aussi aux enseignants et
aux entreprises).
Il s’agit aussi, pour un système éducatif, de préparer des citoyens, de leur donner des
valeurs républicaines. « Le bien commun… », « Moi, c’est important ; Nous, ça l’est
encore plus ». Il faut apprendre à travailler en partage. « Le Diable est dans les cloisons » disent les québécois. Il faut
décloisonner les entreprises, l’administration etc.
Il y a 5 qualités à développer (c’est le viatique des
québécois) :
1. Connaissances minimales :
Il faut absolument avoir la parfaite
maîtrise d’au moins une langue. « On pense avec des mots. Moins on connaît de mots, moins on
pense… ». (La Polynésie doit donc résoudre son problème de diglossie). Au Québec, les élèves qui vivent en milieu anglophone suivent un cursus scolaire en anglais. Ceux qui vivent en
milieu francophone suivent leur cursus en français. (Leur chance est que les deux langues offrent les mêmes accès aux études supérieures).
2. Rigueur
Il faut donner du sens à ce que l’on fait. « Vais-je où je veux aller ? ». Adhérer au principe de réalité. « Le réel, c’est quand on se
cogne » (aspect formateur de l’erreur). Les jeunes doivent apprendre à se documenter, à analyser, à argumenter… « Savoir, savoir faire,
savoir y faire ».
3. Effort
Apprendre à faire des efforts. C’est vital. Ne pas décourager les élèves qui n’ont pas
su…
« L’échec est le brouillon de la
réussite ».
4. Mobilité (aussi bien intellectuelle que matérielle)
Ne pas hésiter à aller à la rencontre des autres, de mélanger les connaissances et
expériences.
5. Altérité
Vivre avec les autres, enrichir les autres de nos valeurs, s’enrichir de celles des
autres.
Apprendre à vivre en réseau.
B/ Le principe de prévention
(« Mieux vaut prévenir que guérir »)
Il faut travailler en amont des problèmes plutôt que de créer de la démotivation puis de
la misère sociale.
Pour cela, il faut développer les processus de mise en œuvre du
viatique
o Notre démarche
nous conduit-elle vers notre objectif ?
o L’alternance est un processus pédagogique vital pour
permettre aux différentes formes d’intelligence (concrète et abstraite) de s’exprimer également.
C/ Le principe de
mesure
Dans tout projet, il faut mesurer les progressions. En matière d’éducation, il faut mettre
en place un observatoire qui, par exemple, pourra faire des mesures sur des cohortes d’élèves afin de préciser quel a été leur devenir 5 ans, 10 ans après leur formation.
Pour que les jeunes restent dans leur corps de métier principal, il faut leur donner
toutes les armes qui leur permettront d’évoluer de façon autonome.
Ainsi, l’élève du SJA de Punaauia qui présente son atelier : « Ici, on fabrique des garde-manger. ». Puis il explique pourquoi les garde-manger, comment ils sont fabriqués, parle de leurs mesures, développe des
arguments de vente. Ce jeune a compris l’essentiel. Il peut intégrer le monde du travail car il saura y évoluer.
D/ Le principe
d’excellence
Il faut sans cesse se rapprocher de notre objectif (indicateurs de terrain). Les
personnels enseignant doivent être des exemples d’enthousiasme et de créativité.
« Les enseignants doivent être des vivants ! ».
Ne pas hésiter à reculer l’objectif au fur et à mesure qu’on s’en approche. Cela permet de
faire toujours mieux.
E/ Le principe de
responsabilisation
Tout le monde doit se sentir co-responsable
du système éducatif.
Les clubs « jeunesse et entreprise » permettent de préparer les jeunes à la vie
en entreprise.
Associer les parents aux dispositifs de formation et d’enseignement (école des parents)
La société en général doit
également se sentir co-responsable de la formation des jeunes. La commune en particulier en mettant en place des Projets Educatifs à l’échelon communal.
Les jeunes d’aujourd’hui et le monde du
travail.
Hervé Serieyx
Comment améliorer les
choses ?
o Les familles
« Quand on a des enfants, il faut s’en
occuper ! ». Il faut donc inciter les parents à donner envie de vivre, de lire, d’écouter, d’apprendre.
Mettre en garde les parents contre les addictions aux consoles de jeux…
;
o Le système éducatif doit valoriser toutes les
intelligences ;
o Les entreprises doivent :
§ Travailler avec les
enseignants pour faire comprendre leurs besoins ;
§ Sensibiliser leurs cadres
(managers de 1er niveau) au fait que les jeunes ne sont pas comme eux ;
§ Expliquer aux jeunes le sens
du travail demandé (« sinon on perd les bons, on garde les mauvais et on meurt face aux Chinois… ! ») ;
§ Promouvoir aux postes à
responsabilité des gens qui ont une vraie compétence humaine. Le diplôme n’est plus le seul critère à retenir.
§ Appliquer la règle des 12
« e » dont les 6 principaux sont :
- Etoile : Se dépasser en permanence, vouloir évoluer, donner du sens à l’emploi, expliquer les projets, obtenir
l’adhésion ;
- Enthousiasme : Donner envie d’aller au travail. Le cadre a « un devoir
d’auto-allumage ! Comme tout le monde, il a sas problèmes, mais il doit faire bonne figure et montre de l’enthousiasme et de la bonne humeur pour rendre l’espace de travail
agréable. » ;
- Ecoute :
§ Les responsables doivent
être réceptifs et percevoir ce qui change (évolution de la demande par exemple) ;
§ Recueillir les avis des
collaborateurs pour prendre les bonnes décisions. Les décisions peuvent être prises seul (« Pour décider, il faut en nombre impair. Et 3, c’est déjà
trop ! ».
- Endurance : C’est la capacité à tirer des leçons de ses échecs. Ne pas se laisser abattre par le premier
problème
- Ethique : Il est essentiel d’avoir un système de valeurs fort. L’entourage nous ressent dès lors comme des « vivants ».
- Exemplarité : C’est l’évidence mais il faut le rappeler : le cadre doit montrer l’exemple et en particulier, ses actes
doivent être cohérents avec son discours. « Il faut faire ce qu’on dit… ».
« Il y a deux sortes d’efficacité, celle du typhon et celle de la sève » disait Camus. Il n’est pas question de casser le système éducatif en place, mais
de lui apporter les éléments qui sauront le faire évoluer.
Postface
Pour conclure, j’aimerai nous ramener à l’image de Plantu qui ouvre ce document. C’est
l’image du MAITRE, de celui qui transcende, de celui qui entraîne, de celui qui fait se dépasser, de celui qui montre la voie, de celui qui donne envie, c’est l’image de l’étoile qui montre le
chemin et qui donne à chacun des repères.
Je dédie ce travail à toutes celles et à tous ceux qui tous les jours dans les classes
sont les passeurs d’avenir.
Je dédie ce travail à tous les parents qui ont charge de conduire leurs enfants vers un
destin plus responsable et mieux partagé.
Enfin je dédie ce testament pédagogique à mes MAITRES qui ont guidé mes pas et forgé mon
esprit, inculqué les valeurs qui ont tracé le chemin de ma vie.
Jean-Paul BARRAL
Le 25 novembre 2011
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